Cette installation évolutive constitue le premier volet d'un projet envisagé à long terme qui tend à la «dé-domestication» du vers à soie. Son caractère est utopique, tout en contenant une part d'ironie.
Cette pièce met en scène des vers à soie face à une expérience: ils peuvent choisir entre se nourrir des feuilles coupées et disposées à leur portée immédiate (comme dans un élevage) ou monter à l'arbre de mûrier pour se nourrir par leurs propres moyens. Cet animal, qui n'existe plus à l'état sauvage, m'intéresse par son statut d'animal transformé et éloigné de son milieu d'origine durant 5000 ans de domestication.
L'arbre est encapsulé dans un socle en carreaux de céramique noire, qui imite de façon détournée les paillasses de laboratoire d'autrefois. Pendant la durée de l'exposition, l'installation s'est progressivement transformée. Le jour du vernissage, le feuillage de l'arbre était intact et les vers à soie étaient à peine visibles pour les visiteurs pressés. En quatre semaines, les vers ont grossi et multiplié leur poids par mille, l'arbre a été mangé par quelques vers intrépides, j'ai incorporé à l'installation des objets pour le tissage de leurs cocons, des débris de feuilles et d'excréments se sont accumulés et des cocons sont apparus.
Cette pièce comporte également une dimension performative liée à son entretien quotidien et aux divers gestes et stratégies déployées pour assurer son déroulement pré et post vernissage.
Vers à soie, arbre de mûrier blanc pleureur, feuilles de mûrier blanc coupées provenant d’autres arbres, socle en carreaux, structures en bois, tabourets, lampes horticoles.
75 cm x 75 cm x 180 cm
©Photos Marc Domage et Ivana Adaime Makac