Manger et ravager sont parfois des synonymes. À ceci près que le ravage s’avère nuisible vis-à-vis d’un autre être vivant. Être ravageur est une question de point de vue, de conflit d’intérêts.
La sculpture Parodia, du grec « imitation bouffonne d’un chant poétique », simule de façon délibérément burlesque les restes d’un ravage d’insectes. En fabriquant les traces d’un festin fictif sur des feuillages d’ornementation coupés, que j’assemble dans une sculpture à l‘allure de pièce montée, je prends le rôle de l’insecte, me transformant moi-même en nuisible.
Souvent, dans mon travail, la question de la nourriture apparaît au travers d’installations où évoluent des insectes vivants qui sont libres de manger à leur guise. Dans Parodia, les insectes ne sont pas présents, mais la pièce entre en résonance avec leur présence, elle se construit avec des souvenirs de leurs traces.
La parodie est une inversion et une exagération du sujet parodié. Mais, plutôt que de parodier les insectes, je m’interroge sur nos désirs de décoration et de contrôle que nous projetons sur les plantes. Ces désirs ne supportent pas la présence d’insectes alors que ces derniers voient seulement le végétal comme une source d’alimentation.

Alimentaire, mon cher, Exposition collective d’un jour, Galerie Sentiment Océanique, Ecole des beaux-arts de Bordeaux, Avril 2011.
Parodia , "Ready-grown/Ready-cut assisté"
Structure en mousse florale, feuillages, socle
174x 50x 50 cm.
©Photos Ivana Adaime Makac